mardi 26 février 2013

Hôtel Transylvanie : n'y posez pas les valises (et encore moins vos enfants)


Pour qu'on ne me prenne pas pour une mère despote du 7ème art avec ma liste, je voulais vous rassurer en précisant que j'emmenais également ma fille voir des films de son époque. C'est ainsi que le dimanche 17 février nous sommes allées voir Hôtel Transylvanie.



- Alors, tu as aimé le film ?
- Oui, maman, c'était bien !

M'étant monstrueusement ennuyée pendant toute la séance, je ressentis une pointe de déception en découvrant qu'on n'avait pas les mêmes goûts. Puis finalement je me suis rendue compte que depuis qu'elle était en âge d'aller au cinéma, la critique était invariablement la même  "Oui, maman, c'était bien !". Il y a deux explications possibles : soit ma fille n'a aucun sens critique, soit les enfants, en tout cas entre 4 et 6 ans, aiment plus aller au cinéma que le cinéma en lui-même. J'ai l'impression que les enfants peuvent simuler involontairement un enthousiasme de peur qu'une critique négative ne les prive de cinéma.
Les DVD confirmeraient cette hypothèse. Une fois terminé, le film est toujours bien mais certains ne ressortent jamais de leur boîte tandis que d'autres sont usés jusqu'aux rayures. Pourtant, quand je l'interroge, ils sont tous bien et quand je lui demande ses préférés, elle répond "Il sont tous bien"
Ca ne veut pas dire pour autant qu'elle n'ait pas aimé Hôtel Transylvanie mais ça ne veut pas dire qu'elle l'ait aimé non plus.

On se contentera donc, encore une fois, de ma critique -sanglante- de ce film.

Les travers de la 3D
J'ai vu ce film en 2D mais ce film est également disponible en 3D. Le fait est que pas mal de séquences semblent avoir été construites uniquement dans le but d'offrir du spectacle tridimensionnel. On retrouve alors des mouvements de caméra qui viennent, comme pour un train fantôme, zigzaguer sans apporter aucune valeur ajoutée au scénario. Et comme en plus j'étais en 2D, cela n'a aucun rendu spectaculaire.

Les travers de la double-lecture
C'est le nouveau credo des films d'animation, il faut à la fois que les parents et les enfants s'amusent. Si cette double-lecture a effectivement permis quelques perles du genre, j'ai envie de dire que quand c'est raté, c'est doublement raté. Et puis honnêtement, la double-lecture commence à me taper sur le système. Si l'on va voir un film pour enfants, c'est bien pour les enfants, je n'ai pas besoin qu'on vienne y ajouter quelques blagues (vaseuses) qui ne concernent que moi. Ou alors, la prochaine fois, je demande à payer moitié-prix pour nous deux vu qu'on est censé se partager le film.

Tout il est beau, tout le monde il est gentil
Venons-en à l'histoire. L'hôtel Transylvanie a été construit par le comte Dracula qui souhaitait créer un havre de paix pour toutes les créatures monstrueuses de la terre mais surtout réfréner l'envie de sa fille Mavis de vouloir découvrir le monde (pourquoi partir vu que tout le monde vient ?). Parce que le comte Dracula, comme tous ses compères de l'horreur, ont en commun la même hantise : la cruauté des humains. Tout se passe bien dans le meilleur des mondes affreux jusqu'à ce qu'un jeune humain ne découvre l'hôtel et Mavis pour laquelle il aura un "zing". Passons sur la fin prévisible dès les premières minutes ainsi que le terme de zing censé remplacer élégamment le coup de foudre, bon, à la limite.

Le plus décevant finalement est cette morale "Il est difficile de laisser partir ses enfants mais il est encore plus difficile de les voir malheureux", un thème un peu similaire à Rebelle pour le conflit parent-enfant. Dans Rebelle, il y avait un vrai affrontement et une vraie tension alors qu'Hôtel Transylvanie ne montre qu'une dispute de circonstance entre le père et la fille. Il n'y a d'ailleurs aucun méchant dans ce film et les monstres ne sont qu'un ramassis de chiffes molles.

La Transylvanie, ce n'est vraiment plus ce que c'était. Si on ne peut même plus compter sur Frankenstein pour effrayer les enfants, il nous reste quoi ? Mme de Fontenay ?

lundi 25 février 2013

Les misérables n'ont pas la parole


Normalement, les vacances de février devraient nous priver des séances de cinéma pour enfants que j'organise avec ma fille mais ayant du retard dans mes rapports, je peux vous livrer les impressions du film vu il y a maintenant deux semaines. J'essaie de varier les plaisir et déplaisirs en alternant films en couleurs et films en noir et blanc (ces derniers n'ayant pas les faveurs de ma fille). Après un péplum haut en couleurs, j'ai donc proposé Le Kid de Charlie Chaplin (film en noir et blanc et muet).


Chaplin, Jean qui rit et Jean qui pleure
- Tu connais Charlie Chaplin ?
- Oui, Maman, c'est le cousin de Mister Bean !

Il ne faut surtout pas vendre Chaplin en tant que comique à ses enfants , surtout si vous vous lancez dans un film comme Le Kid. Même si quelques gags visuels font effectivement leur effet, cette histoire est un tire-larmes. Une femme seule et sans ressources sort de la maternité. Acculée, elle décide à contre-coeur d'abandonner son enfant. Finalement, le bébé se retrouve dans les bras de Chaplin, un vagabond qui vit dans un appartement de misère. Cinq années passent et Chaplin et l'enfant vivent d'amour et de petites arnaques (l'enfant casse des vitres pour que Chaplin les répare). Lorsque le garçon tombe malade, Chaplin, inquiet, appelle un médecin qui voit d'un très mauvais oeil cette adoption fortuite. Il décide alors d'appeler l'orphelinat. Pendant ce temps, la mère, devenue riche et célèbre, met tout en oeuvre pour retrouver son enfant.

Les méchant ne sont pas ceux que l'on croit
L'intérêt majeur de ce film est de montrer aux enfants que les méchants ne sont pas toujours là où on les attend et que les gentils ne sont pas toujours récompensés par la vie. Chaplin et l'enfant sont continuellement malmenés par ceux qui doivent faire régner l'ordre et la justice (le médecin, la police) mais quand l'ordre est arbitraire et la justice aveugle, les gentils deviennent des méchants, des êtres insensibles.
Quand le médecin décide de séparer l'enfant et Chaplin, la scène est poignante et résonne encore pendant longtemps dans la tête les cris de l'enfant, pourtant muets. Ma fille a tout de suite compris l'injustice de la situation bien que les conditions de vie de l'enfant avec Chaplin sont loin d'être idylliques. Il y a dans ce film de quoi germer dans la tête de nos bambins l'idée de désobéissance civile.

Doit-on cacher la misère aux enfants ?
Le film Le Kid date de 1921, les Etats-Unis sont alors en pleine crise économique d'après-guerre et doivent faire face à un important taux de chômage. La misère est partout. Finalement ce qu'il y a de plus triste dans ce film, c'est de constater que la misère n'a pas évolué. Qu'un pauvre d'aujourd'hui a les mêmes conditions de vie qu'un pauvre de 1921 (à part peut-être qu'on n'abandonne rarement un enfant dans la rue aujourd'hui).
On voudrait pouvoir entourer nos enfants de tout ce qu'il y a de plus beau dans ce monde et cela nous conduit parfois à détourner leur regard quand la misère se montre. C'est peut-être une erreur parce que les enfants ont bien souvent un élan de compassion naturel quand ils sont confrontés à la misère et ne pas leur cacher permet de maintenir en eux ce sentiment qu'on a tendance à faire taire une fois devenus grand. 

La preuve est faite que les bouilles d'amour ne durent que le temps des bouillies. Jackie Coogan, l'enfant qui joue Le Kid, deviendra plus tard l'oncle Fester dans la série de La Famille Adams.

vendredi 22 février 2013

Leçon de défaite


En tout parent germe un désir inavoué : avoir un enfant passionné.
On a tous été un jour ou l'autre imprégné par ces témoignages sur les enfants passionnés "A 7 ans, il apprend le piano classique plusieurs heures par jour. A 9 ans il impressionne les musiciens professionnels" (Oscar Peterson) ou encore "A l'adolescence il tuait des animaux" (Dexter)
Si tous les parent rêvent d'un enfant passionné c'est parce que, dans le meilleur des cas, on n'aura pas à s'interroger sur son avenir et à connaître ce moment de flottement passager quand, après le bac, il hésitera entre "un DEUG de sociologie, ou peut-être de civilisations étrangères, ou je sais paaaas" et que, dans le pire des cas, il aura toujours une passion pour le consoler dans les moments difficiles.
Oui, moi aussi je rêve d'enfants passionnés et je pensais naïvement qu'il me suffisait d'ouvrir grand les écoutilles pour découvrir ce qui pourrait faire vibrer ma fille.


L'année dernière, ma fille est restée subjuguée devant les images des Jeux Olympiques et notamment la gym. Elle m'a supplié "Maman, c'est ça que je veux faire !" La gymnastique est pour moi une discipline étrangère mais je reconnais son niveau d'exigence, aussi bien dans la discipline que dans les exercices, et les bénéfices qu'on peut en tirer avec une meilleure connaissance de son corps. J'ai dit Banco et merci les écoutilles !
C'est ainsi que le 10 février j'ai accompagné ma fille à sa deuxième compétition de gym. Celui qui s'est déjà plaint de la longueur d'un dimanche après-midi mais qui n'a jamais accompagné un enfant à une compétition sportive le dimanche après-midi, ne sait pas vraiment ce que veulent dire les mots longueur d'un dimanche après-midi.
Assisse dans une tribune d'une salle de sports municipale sans lumière extérieure, j'en étais à maudire mes écoutilles et tous les enfants passionnés de la terre, sur au moins cinq générations. Il m'était pratiquement impossible d'admirer ma fille en train de reproduire ces mouvements entre tout le bordel des agrès et la mise en lumière des plus grands disposés à l'avant de la salle, genre les roulades de ma fille ne sont pas assez spectaculaires.
Quatre heures plus tard (oui, vous avez bien lu), elle fut enfin appelée à se présenter pour la remise des prix avec son équipe. S'en suit une longue, très longue, liste de noms et d'équipes récompensés selon leur catégorie. D'ailleurs, à ce sujet, si vous souhaitez que votre fils  gagne un peu en estime de soi, je vous conseille la gym car il sera souvent seul dans sa catégorie ce qui laisse sous-entendre une médaille à tous les coups. Malheureusement ma fille est de sexe féminin et doit donc se mesurer à d'autres petites filles de sexe féminin qui doivent penser gym, boire gym, manger gym et même respirer gym. Quand j'ai vu que certaines équipes étaient habillées avec des survêtements floqués au nom de leur équipe dans le dos, j'ai bien compris que la bataille serait sanglante.
Hasard ? Coïncidence ? Bâtards de juges ? Pratiquement toutes les équipes de ce funeste dimanche furent récompensées, exceptée celle dont ma fille faisait partie. Evidemment mon petit coeur de maman avait à ce moment-là des envies de meurtre (toujours se méfier des petits coeurs de maman). Elle a tout de même eu le droit à un lot de consolation sponsorisé par le Mac Do du coin (oui, vous avez bien lu). 
C'est donc dans un silence plombé que nous revînmes de cette épreuve. Je craignais les sanglots et l'envie d'abandonner. J'eus le droit à la colère et l'envie d'en découdre.
C'est à ce moment-là que je compris que ma fille ne serait jamais une grande gymnaste et cela me chagrine un peu pour toutes les raisons évoquées plus haut. Mais finalement le non-renoncement dont elle fait preuve après une telle défaite devant un public m'a rendu encore plus fier d'elle, moi qui ai abandonné tellement d'activités quand j'étais jeune.
Et si sa passion c'était l'obstination ?


jeudi 21 février 2013

Non mais sérieusement, il y a quoi après la mer ?


Hier j'ai lu un livre, ça s'appelle "Les arpenteurs du monde" de Daniel Kehlmann (984ème de la liste)



Bien que j'eusse déclaré dans ma lecture du livre précédent mon non-désir de savoir ce qu'il y avait après la mer, le hasard a voulu que ce livre-là soit justement consacré à l'exploration.

Les arpenteurs du monde sont deux scientifiques allemands du 19ème siècle ayant réellement existé, Gauss et Humbolt, bien connus dans leur pays d'origine. Alors que le premier s'occupe du monde "abstrait" (on le surnommait "Le prince des mathématiciens"), le second se fascine pour le monde réel en lançant une expédition de 5 ans vers les Amériques pour recueillir toutes sortes de données et de mesures, aussi bien géographiques que biologiques.

Il paraît que ce livre a connu un succès foudroyant en Allemagne, les allemands étant particulièrement fiers de ces deux génies. Il y a en plus une ironie tout au long du récit, pointant notamment du doigt cette fameuse rigueur allemande. Ainsi Bonpland, le compagnon français de Humbolt lors de son expédition, lui demande "Fallait-il toujours être aussi allemand ?". Il y a un côté Bienvenue chez les Ch'tis qui se moque avec tendresse des traits de caractère d'une population.

Honnêtement, les questions mathématiques et géographiques ne m'intéressent guère mais j'ai réalisé avec Les arpenteurs du monde la situation tragi-comique des scientifiques, quelle que soit l'époque.

"C'était étrange et injuste, dit Gauss, et une illustration parfaite du caractère lamentablement aléatoire de l'existence, que d'être né à une période donnée et d'y être rattaché, qu'on le veuille ou non. Cela donnait à l'homme un avantage incongru sur le passé et faisait de lui la risée de l'avenir"

Evidemment les scientifiques ne sont pas les seuls à se plaindre des limites de notre période (peut être que dans 100 ans les cancers seront tous guéris, et que l'épilation ne fera plus souffrir) mais ils sont sans doute les seuls à le regretter quotidiennement.

"Humbolt l'assura en hâte qu'il lui avait simplement dit de ne pas surestimer les résultats d'un scientifique, un savant n'était pas un créateur, il n'inventait rien, ne conquérait aucun pays, ne cultivait pas de fruits, ne semait rien et ne récoltait rien non plus, et d'autres lui succéderaient qui en sauraient plus que lui, puis d'autres encore qui en sauraient davantage encore, jusqu'à ce que tout sombre à nouveau."

Humbolt est également très connu des amateurs de chocolat grâce à cette citation "La fève de cacao est un phénomène que la nature n'a jamais répété; on n'a jamais trouvé autant de qualités réunies dans un aussi petit fruit.

mercredi 20 février 2013

Leçons de bonheur : l'argent ne le fait pas


C'est pas joli, joli de mentir !

Le budget de ce blog étant ce qu'il est, nous n'avons pu reproduire l'expérience avec des billets de banque mais nos confrères suisses nous assurent que le résultat est comparable.

mardi 19 février 2013

Les gens qui vont au théâtre sont-il des gens comme les autres ?


A 10 minutes à pied de chez moi, il existe l'un des théâtres les plus réputés de France, en fait je ne devrais même pas dire un théâtre mais plutôt un "thé-ÂÂÂ-tre". Il s'agit du TNP, le Théâtre National Populaire. D'abord implanté à Paris, il a été transféré dans ma ville dans les années 70. Son concept est somme toute assez simple, il s'agit de faire du "théâtre élitaire pour tous". Déjà ça commence bien, je ne savais même pas que le mot élitaire existait, même la définition est élitiste, pour vous dire le délire.

Pour ne pas mourir idiote - alors que ça ne veut rien dire, quand on meurt, idiot ou pas, je suppose que l'étendue de nos connaissances ne nous aide pas beaucoup - j'ai offert à mon mari des places pour des pièces jouées au TNP. Il ne restait déjà plus beaucoup de choix parmi la programmation de la saison et j'ai donc choisi un peu à la pique-nique-douille selon les dates qui pouvaient nous convenir.

C'est ainsi que le soir de la Saint Valentin, mon mari et moi sommes donc sortis sans les enfants, bras dessus bras dessous, pour voir la pièce "Fin de partie" de Samuel Beckett. Sur la route nous conduisant au théâtre, nous étions encore stupéfaits par notre liberté d'adultes sans enfants.

J'ai dit "Ah ! Nous voilà vieux, nous allons au thé-ÂÂÂ-tre ce soir"

Mais non, nous voilà jeunes ! Dans les couloirs du bâtiment, nous rencontrons des brushings violacés et des pardessus- chapeaux-écharpes manifestement coincés dans l'espace-temps mitterrandien, agissant sur nous comme une cure de jouvence. Hélas, l'effet s'efface dès que l'on s'installe dans la salle et que l'on aperçoit les jeunes, les vrais, avec un trop-plein de cheveux et de chèches. Installés en plein milieu de la salle, nous réalisons que nous sommes prisonniers et qu'aucun échappatoire - à part le sommeil - ne sera possible. L'angoisse commence.

Mais le rideau s'ouvre. Sur une pièce entièrement grise avec pour seules ouvertures deux fenêtres minuscules se faisant face ainsi qu'une porte sans porte. Au centre, un grand drap légèrement tâché de sang semble cacher un fauteuil immense et, on le devine, un être humain. Au premier plan, deux poubelles identiques font office de mobilier.

Un bossu inquiétant à la démarche désarticulée fait son apparition par la porte sans porte. Il déambule à travers la pièce, se met à l'inspection de chaque élément en concluant à chaque fois par un rire bref et malsain.

Après cette étrange chorégraphie, le tordu-bossu s'adresse enfin à nous et déclare :

"Fini, c'est fini, ça va finir, ça va peut-être finir »



Je n'ose même pas regarder mon mari,de peur d'avoir à affronter un regard suppliant et plein de reproches "Te rends-tu compte que l'on va gâcher 1H40 de notre vie ?"

Et puis - Oh comme c'est cliché  ! - la magie du théâtre a opéré. Contrairement au papier, à la pellicule, au numérique, le théâtre abolit toute distance pour vous ancrer dans une réalité faite de chair, d'os et de sang; c'est un grand monsieur qui vous regarde et vous pointe du doigt en annonçant "Ecoute bien ce que je vais te dire".Impossible d'y échapper à moins de faire preuve de grossièreté. Il faut alors accepter d'être imprégné par tout ce vivant.

Je serais bien incapable de vous résumer "Fin de Partie" de Beckett, qu'on qualifie de théâtre existentialiste, qu'on peut qualifier de théâtre exigeant. Mais l'expérience fut forte, vibrante, dérangeante, irréelle dans sa réalité.

Alors au lieu de se demander si les gens qui vont au théâtre sont de gens comme les autres, on devrait plutôt se pencher sur la question suivante :

"Les gens qui reviennent du théâtre sont-ils des gens comme les autres ?"

lundi 18 février 2013

Par les Dieux tout puissants


Pour notre habituelle séance Ciné Classic du samedi, ma fille et moi  avons ajouté un nouveau genre à notre filmothèque grâce à Jason et les Argonautes. J'avais oublié que les péplums étaient de ces moments de cinéma divertissants, délicieusement anachroniques et agréablement soporifiques (je me suis tout de même endormie 3 fois)

Une vraie bande de bras cassés
Ma fille ayant catégoriquement refusé de donner un résumé de Jason et les Argonautes sous prétexte que je l'avais vu en même temps qu'elle et que ça supposait que je pouvais très bien le faire moi-même et qu'il fallait pas que j'abuse avec mon blog, bref ayant refusé, on se contentera cette semaine de mon point de vue d'adulte qui a, quand il ne dormait pas, épié les réactions d'un enfant de 6 ans pendant qu'il regarde un péplum.

Colchide dans les prés

"Moi je crois que c'est vous qui allez vous faire massacrer !"

On évitera de mettre à portée de main d'un enfant qui regarde un péplum tout objet tranchant tant il est pris dans l'aventure. Evidemment l'histoire de Jason, qui forcé à l'exil après la mort de son père, décide de partir à la recherche de la toison d'or en Colchide pour que son peuple retrouve la foi, leur passe bien au-dessus de la tête mais ajoutez un géant de bronze et une armé de squelettes pour qu'ils deviennent les plus fervents défenseurs des argonautes.

Faites attention : j'ai envie de dire que les Péplums, c'est maintenant ou jamais. L'apogée du genre étant plutôt dans les années 50 et 60, les effets spéciaux ont l'âge de nos parents et il faut toute l'innocence d'un enfant de 6 ans qui n'est pas encore passé par la case Harry Potter pour se laisser convaincre par des monstres de pacotille.

Révisons l'Olympe

Entre un Jésus qui n'est que bonté mais qui les laissent avec un sentiment d'incompréhension (Mais pourquoi les gens meurent ? Mais pourquoi y'a la guerre ?), les Dieux de l'Olympe sont tout de même plus faciles à comprendre pour les enfants même si leurs comportements laissent à désirer.

"Mais maman, les Dieux, il sont méchants ?"

Oui, ma chérie, les Dieux sont cruels et c'est pour ça qu'il faut éviter de chercher des embrouilles au Dieu des haricots verts (profitons en). Remarquez que les hommes sont tout de même de grands idiots, incapables de retenir la leçon puisqu'ils semblent toujours prêts à défier les Dieux.

Et évidemment la palme de la crétinerie revient sans conteste à Hercule, le demi-dieu, qui cumule vanité des Dieux et effronterie des hommes. C'est un peu Hercule le poireau.

Entre les mains des Dieux, les hommes ne sont que des marionnettes. Pas étonnant donc que ce spectacle plaise aux enfants, même s'il remonte à la nuit des temps.

N'empêche qu'une Vie De Merde antique, c’est quand même beaucoup plus classe qu'une Vie De Merde contemporaine.

"Tous les jours je me fais voler ma nourriture par les Harpies envoyées par les Dieux parce que j'aide trop les humains avec mes pouvoirs de divination. Déjà qu'ils m'avaient rendu aveugle. VDM"
Par Phynée


Les effets spéciaux de ce film sont l'oeuvre de Ray Harryhausen, considéré comme l'un des grand maîtres de cette discipline. Dans Monstres&Cie, le restaurant au début du film s'appelle Harryhausen, un clin d'oeil à l'un des pères de l'animation.